Pour leur premier cours de l’année, les élèves ingénieurs de 1ère année de l’ENSTIB sont immédiatement entrés dans le vif du sujet. Pascal Triboulot, professeur émérite de l’Université de Lorraine, ancien directeur de l’ENSTIB et 1er vice-président de Fibois Grand Est, leur a proposé une présentation consacrée aux grands enjeux de la filière forêt-bois, dans le cadre de l’UE « Vers une éthique du métier d’ingénieur dans l’environnement Forêt-Bois ».

Un enseignement qui invite les futurs ingénieurs à dépasser les idées reçues, à mettre les événements en perspective et à développer leur esprit critique : connaître, comprendre, analyser, douter, se forger une opinion et, à terme, « devenir un acteur responsable ». Une démarche particulièrement nécessaire face à l’actualité des incendies de forêt, à laquelle une large partie de cette première séance était consacrée.

Premier constat : les incendies de forêt et les canicules ne sont pas des phénomènes nouveaux. L’histoire en porte de nombreuses traces et certaines régions françaises, notamment le Sud-Ouest et le bassin méditerranéen, y sont confrontées depuis longtemps. Ce qui change aujourd’hui, c’est leur fréquence, leur intensité et leur extension, favorisées par le réchauffement climatique. L’augmentation du nombre et de la fréquence des canicules, l’état de la végétation, le vent, l’entretien et l’accessibilité des massifs sont autant de paramètres à prendre en compte.

Le cours invite également à porter un regard critique sur le traitement médiatique des incendies : la couverture spectaculaire de certains feux peut contribuer à amplifier la perception du phénomène, au détriment d’une mise en perspective historique, géographique et scientifique. Les chiffres permettent pourtant de rétablir les ordres de grandeur : en 2026, 0,58 % de la forêt française métropolitaine a brûlé, une proportion sans doute bien inférieure à celle que l’omniprésence des images d’incendies dans les médias peut laisser penser dans l’opinion publique.
Pour les futurs ingénieurs de la filière bois, l’enjeu ne consiste donc pas seulement à constater ou à combattre les incendies. Il faut chercher à en limiter les risques et les conséquences, réfléchir à la gestion des massifs mais aussi anticiper l’après-crise. Car incendies, tempêtes, sécheresses ou attaques de ravageurs peuvent mettre brutalement sur le marché d’importants volumes de bois. Leur récolte, leur stockage, leur transformation et leur valorisation deviennent alors des questions économiques et industrielles majeures pour toute la filière. L’exemple des coupes de récupération après des attaques massives de ravageurs illustre notamment cette nécessité de limiter les pertes et de penser la gestion de la ressource après la crise.

Une première séance passionnante, qui donne ainsi le ton de la formation : face aux bouleversements climatiques, l’ingénieur forêt-bois devra être capable d’analyser des situations complexes, d’anticiper les crises et d’imaginer des solutions pour adapter durablement la forêt comme les usages du bois.
A venir prochainement sur le blog, un article complet sur le sujet



